Le burn-out est-il tabou parmi les indépendants — Better Minds at Work

Le récent Baromètre de la sérénité financière publié par l’assureur-vie NN révèle que les indépendants se jugent moins sujets à l’épuisement professionnel que les salariés. Est-ce réellement le cas ou les indépendants négligent-ils leur bien-être psychologique? À quels signaux devraient-ils être attentifs le cas échéant? Les réponses de Valérie Heremans, de l’assureur-vie NN, et d’Elke Geraerts, experte en burn-out et CEO de Better Minds at Work.

Les chiffres de l’Inami révèlent une augmentation globale de 39,23% des burn-out et dépressions à long terme en quatre ans. Chez les indépendants, l’invalidité de longue durée due à l’épuisement professionnel et à la dépression a crû de 50,93%. “Pourtant, force est de constater que 68% des indépendants se disent peu concernés par le phénomène du burn-out”, indique Valérie Heremans.

 

La résilience a ses limites

Ces deux dernières années ont mis notre résilience à rude épreuve. Les confinements et le travail à domicile nous ont obligés à chercher d’autres façons de travailler. De nombreux indépendants ont dû se réinventer: c’est l’“épreuve de la résilience”, comme l’appelle Elke Geraerts. “Notre cerveau intègre facilement de nouvelles habitudes. Pendant la pandémie, les indépendants ont renforcé leur résilience et appris à être plus réactifs. Mais avec la crise de l’énergie et la hausse de l’inflation, cette résilience pourrait bien être à nouveau en train de s’épuiser chez nombre d’entre eux.”

“Les indépendants rencontrent des difficultés, entre autres sur le plan financier,  beaucoup essaient de compenser en travaillant encore plus”, constate Valérie Heremans. “Six entrepreneurs sur dix ont adapté leur façon de travailler, dont 27% en travaillant davantage.” Le risque de dépasser leurs limites est réel.

On dispose désormais de connaissances approfondies sur les symptômes du burn-out. “Or, par ignorance, il semblerait que les travailleurs négligent ces symptômes et gardent le cap, puis craquent soudainement”, déplore Elke Geraerts. Quels sont donc les signes à surveiller? “Il y a des signaux physiques, mentaux et cognitifs. Il peut s’agir de palpitations, d’une augmentation de la transpiration, d’une réaction émotionnelle excessive, d’une distraction ou d’une perte de mémoire. Chacun de nous émet par ailleurs des signaux individuels qui trahissent un excès de stress.”

 

Un environnement sûr

Mieux vaut prévenir que guérir, selon Elke Geraerts et Valérie Heremans. “Pour y parvenir, il faut

évoluer dans un environnement qui vous autorise à être sincère et vulnérable. Lorsque vous parlez ouvertement de vos symptômes et du stress que vous subissez, le monde extérieur peut vous avertir que vous êtes en train de dépasser vos limites. La famille et les relations sociales sont essentielles dans ce cadre.”

S’engager dans la prévention du burn-out est l’une des missions que se donne l’assureur-vie NN, car tout comme les indépendants sont sous pression, c’est également le cas des soins de santé et de la sécurité sociale. Les indépendants se penchent régulièrement sur la dimension financière et commerciale de leur activité. Pourtant, il est tout aussi important de s’interroger sur son état de santé et sur les risques encourus. Au travers d’un service de prévention destiné aux indépendants et à leur famille, NN souhaite les inciter à prendre soin de leur santé mentale.

 

Source:

https://www.lecho.be/

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